Une soirée d’anniversaire en famille : la grand-mère (mourante), la mère cinquantaine lasse, deux fils différents (à l’opposé presque), leurs compagnes, un couple d’amis, un enfant…et un
mari en pointillé, inexistant.
Une simple soirée autour d’un jeu offert à l’occasion de l’anniversaire justement.
Un jeu ou une expérience psychologique ? … Mieux se connaître en s’amusant ? Le jeu des miroirs réfléchissants..ou le piège ?
La notice du jeu annonce : « Un jeu de miroir tient nos relations dans le monde des ombres et des reflets. Personnages et Caractères propose d’éclairer cet imbroglio »..Mais
justement, faut-il faire la lumière ?
En réalité cette soirée est disséquée par l’auteure de 3 manières différentes.
Cette soirée est vue sous le Regard de 3 angles différents. Elle a écrit 3 livres en quelque sorte.
Le premier livre : le déroulement de la soirée sous le regard de chaque personnage, les uns après les autres. Leur réflexion intérieure, leur réaction intime (non-dite, en général : son
Moi intime)
Le deuxième livre : le déroulement de la soirée au travers des échanges verbaux, de la conversation. Les mots aimables, les mots vifs, alertes, intelligents, les réparties…
C’est l’échange. Chacun répondant à l’autre, s’ouvrant, semble-t-il, à l’autre…dans la joie, l’amour, la colère aussi !
Le troisième livre : le déroulement de la soirée sous un regard extérieur qui visualise, décrit, épie presque, au-delà des mots, les attitudes, les gestes, les corps en mouvements. Qui
plante le décor aussi où évolue tous ces personnages.
Ce spectateur, anonyme, inconnu, en retrait, c’est, semble-t-il, l’objectif de la caméra…neutre.
C’est le roman du regard et de l’image : quel que soit le regard, intérieur (vers moi), extérieur (sur les autres), la représentation n’est-elle pas toujours faussée ?
L’image qui se crée est toujours imparfaite…car il y a toujours une part de données qui n’est pas accessible : ce qui est tu, ce qui est interprété par rapport à soi, à sa propre expérience.
C’est le roman des dits et des non-dits : la parole, les mots ne sont que des miettes de ce que chacun veut bien livrer. « Parler à cœur ouvert », quelle gageure ! Ou alors,
on ne sait plus se taire parce que l’on croit se faire de l’autre une idée juste…Quelle erreur !
Une des héroines du roman déclare très justement : « pour ma part, si je dis, je suis ceci, cette phrase l’emporte sur celle que peut me renvoyer autrui : tu es cela. En somme je
me sens davantage ceci que je dis, que cela dont on me qualifie. »
En définitive, vous l’aurez compris, c’est le roman de la recherche de la connaissance de soi et des autres, dans une société où de plus en plus « …personne n’écoute personne, personne ne
répond à personne ».